Compétence…
Pour Socrate, les conditions premières d’un dialogue sont le savoir, la bienveillance et le franc-parler. En tête donc, la compétence. Que signifie être compétent en coaching ? Suffit-il que je me reconnaisse compétent ? Sinon, qui me jugera compétent ? Je pense qu’en dernier ressort ce sont certainement les personnes accompagnées qui pourront témoigner de ma compétence en tant que coach… Le fait d’avoir participé à une formation et d’en avoir rempli les exigences constitue sans doute un bon atout ; et cela d’autant plus si, lorsque le cours est terminé, je poursuis ma formation continue et sans cesse remets l’ouvrage sur le métier. D’où l’importance de trouver un lieu où déposer, partager et travailler les questions et les doutes.
…et postureSi la compétence est nécessaire, Socrate nous invite aussi à ne pas craindre de dire librement nos pensées, dans un esprit bienveillant à l’égard de l’autre. Il ne s’agit pas seulement de pratiquer une écoute attentive. Le but est de provoquer un « travail », au sens où l’entend la maïeutique socratique, c’est-à-dire l’émergence des solutions utiles ou nécessaires aux problèmes que vit la personne accompagnée. Il s’agit de favoriser la prise de responsabilité et l’autonomie qui permettront à la personne coachée de vivre sa liberté d’agir et de créer dans le cadre reconnu et accepté de ses limites. Les définitions qu’on donne du coaching en témoignent, telle celle-ci : « Le coaching est un accompagnement personnalisé qui vise à l’éveil de soi, à plus d’autonomie et de responsabilité ». Ou encore : « Le coaching poursuit parallèlement un objectif de performance, de bien-être et de responsabilisation des personnes et des équipes, le tout dans le cadre d’une conscience éthique qui en représente les bases ».
La question de l’« émergence »
La maïeutique constitue donc l’essence même du coaching et sa racine philosophique. Par la progression réfléchie du questionnement, elle vise l’émergence de la réponse chez l’autre, la prise de conscience de ses compétences, actuelles ou potentielles. Cela situe bien le coach dans une posture de catalyseur, de facilitateur ou de médiateur, position qui requiert un état d’esprit créatif et ouvert. Ce n’est pas un savoir (une compétence) que le coach transmet, c’est une relation qu’il construit, dans un dialogue qui constitue un processus évolutif, où coach et coaché se stimulent mutuellement, pour développer en parallèle leurs compétences relationnelles et mieux reconnaître le sens de leur vie personnelle aussi bien que professionnelle
Les limites liées au contexteLe contexte dans lequel s’exerce une activité de coaching constitue d’une certaine manière aussi une forme de limitation qu’il convient de prendre en compte. C’est prioritairement le contexte professionnel du coaché qui définit par lui-même le cadre de la pratique qu’il s’agit de travailler ; il impose de reprendre à chaque fois les conditions dans lesquelles se déroule le travail avec les collègues, les clients, ou la direction. L’examen de ces conditions sera déterminant pour l’établissement du contrat.
(à suivre)