Spécificité et limites du coaching

(suite et fin de l’article commencé aux derniers numéros)

Limites liées au mandat

Le mandat confié au coach par le service ou par l’institution, interagit nécessairement avec la situation des professionnels. Il doit donc aussi être considéré comme un élément important délimitant le cadre de l’action, lui conférant une couleur particulière, nécessitant une réflexion au sujet des rôles respectifs du coach et du coaché.

On constate actuellement une tendance à désigner des « coaches internes » dans les services ou les institutions, chargés de l’accompagnement des collaborateurs au sein même de l’organisation ; une autre manière de procéder, qui se généralise également, consiste à proposer à un collaborateur de se former en coaching et de pratiquer par la suite une activité de coach auprès des clients ou de leur entourage (je pense aux situations d’intégration scolaire ou d’intégration professionnelle, par exemple). Ici encore, il s’agit d’en tenir compte lors de l’établissement du contrat.

L’importance donc du contrat…

C’est un outil essentiel pour préciser et délimiter les interventions ; il désigne expressément les acteurs en présence et fixe la responsabilité de chacun. D’entente avec l’employeur, il précise les conditions dans lesquelles le travail s’effectuera et celles du contrôle institutionnel auquel il sera éventuellement soumis. On veillera en particulier à éviter qu’il demeure des attentes voilées à l’égard du coach, tant de la part de l’institution que des personnes coachées.

Le contrat s’impose dans chaque situation, aussi bien de coaching externe que de coaching interne ; c’est la seule manière d’éviter les dérapages ou les malentendus, en créant un climat de saine collaboration.

Reste la question du flou…

Le meilleur des contrats n’empêchera pas qu’il demeure des zones de flou. C’est inévitable compte tenu de la complexité des interventions dans les domaines de la santé, de l’éducation et du travail social. Le coaching n’est pas une science exacte, où (presque) tout est supposé prévisible. Il importe donc que les coaches restent disponibles au surgissement de l’imprévu. C’est une raison supplémentaire de continuer à se former, et peut-être surtout à utiliser les lieux de partages (ou d’intervision) permettant de prendre le recul nécessaire.

Une dernière remarque concernant une zone de flou qu’il convient dans tous les cas d’éviter : même s’il arrive souvent qu’une situation de coaching ait « des effets thérapeutiques », un contrat de coaching n’en fait jamais un objectif en soi : ce serait alors de la « thérapie sauvage » !

Christiane Besson