Vous en trouvez quelques échos sur le site. Et cette année une trace des ces vingt ans sera publiée. En effet nos intervenants nous ont fait l’honneur d’écrire un article reflétant leurs recherches et leurs réflexions actuelles. Un grand merci déjà à chacune et à chacun pour ce magnifique cadeau.
Cela dit, si vous avez ouvert déjà le programme, vous vous serez peut-être demandé : pourquoi diable tous ces ponts ? Tous ne sont pourtant pas des « ponts du diable » !
Au moyen âge la construction d’un pont c’est une vraie aventure « une imposante mobilisation des ressources humaines, financières et le concours de toutes les connaissances techniques » écrit Ric Berger dans son magnifique ouvrage intitulé D’une Rive à l’Autre ou les ponts de la Suisse dont sont tirées les illustrations en question.
Passer d’une rive à l’autre, c’est le symbolisme du pont le plus répandu. Si, pour le construire, il s’agit de vaincre les éléments - terre, ciel et eau, parfois même le feu - et de l’assurer contre les méfaits des ans, le franchir est une autre histoire encore. Traverser un pont, passer d’une rive à l’autre, d’un monde à un autre, c’est franchir l’obstacle, passer par un chemin d’épreuves, peut-être même de la mort à la vie… ou de la vie à la mort. Lieu d’épreuve, le pont signifie peut-être aussi l’issue possible d’une situation conflictuelle. La voie est étroite, le choix reste inéluctable, il faut franchir l’espace décisif pour découvrir un espace nouveau, laisser derrière soi l’identité du passé pour revêtir celle de l’avenir.
Presque toujours, le travailleur social est à l’interface de plusieurs mondes ; son rôle est justement de faciliter un passage éprouvant, bravant les éléments contraires, mettant ses compétences, ses connaissances et ses aptitudes au service de la construction d’un pont permettant le passage. Considérez donc sous cet angle ces ponts jetés sur ces obstacles dont notre pays est si abondamment pourvu. Voyez-y l’image des travailleurs sociaux que nous sommes…
« Surprenant mélange d’art et de technologie, écrit Ric Berger, respectueux par nature des lois physiques, chaque pont (lisez travailleur social) est unique et différent. »
Mon souhait en ce début d’année : que la formation continue soit comme tous ces ponts si divers, l’occasion d’un passage entre mondes différents : institutions, professions et champs d’action, âges, formations, convictions, préjugés et tempéraments.
En vous souhaitant, à chacune et à chacun, la joie de construire de nombreux ponts et d’heureux passages tout au long de l’an 2010.
Christiane Besson