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Script d’août 2016 (No 47) – Édito

À propos de POYAS

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Lire le script:

Pourquoi choisir, pour illustrer notre programme, des détails extraits de quelques poyas ? Quelle drôle d’idée direz-vous peut-être ! Pas tellement si l’on y réfléchit.

Les poyas règnent généralement, bien en vue, sur les façades des fermes fribourgeoises ; elles sont parfois « mises à l’abri » à l’intérieur, ou dans certains musées, surtout lorsqu’elles sont anciennes. Mais on en trouve aussi, bien que moins colorées et souvent aussi moins naïves, sous forme de papiers découpés par des artistes contemporains, tantôt en tableaux, tantôt reproduites sur des tasses, des sacs et autres objets quotidiens. C’est à cette dernière catégorie qu’appartiennent nos illustrations.

La plupart des poyas racontent la même histoire, celle de la montée à l’alpage. Rien n’y manque : le char bleu, avec sa couverture rouge (signifiant que la famille est franche de dettes), les objets indispensables pour la fabrication du fromage et pour la vie quotidienne, les membres de la famille, adultes et enfants, avec ou sans bâton de marche, les animaux, bien entendu, vaches, chèvres, chiens, ici et là des fontaines, des arbres, des rochers, et tout en haut, après bien des contours, niché au pied des montagnes, enfin, le chalet d’alpage.

Quelle histoire, quelle aventure que cette montée vers les hauteurs. Un chemin familier à ceux qui vivent sur leur terre, mais qui parle à chacun en évoquant bien d’autres chemins : chemin de vie, personnelle ou professionnelle, chemin de formation par l’expérience, chemins de pèlerinage, chemins initiatiques, labyrinthes ou chemins de croix…

Quant à la désalpe, elle est moins souvent représentée par les peintres ou les découpeurs (on parle alors d’une « rindya »). C’est un peu comme pour les pèlerinages : l’accent est mis sur le voyage-aller… du retour, on ne parle guère. Pourtant, la désalpe est l’occasion d’une grande fête au village. Après la vie rustique et quelque peu solitaire sur les hauteurs, c’est le retour à la communauté, avec sonnailles, fleurs et fromages. Il en va de même pour les chemins de la formation. On met là aussi l’accent sur le voyage-aller, mais qu’en est-il du retour dans l’équipe ou dans l’institution à la fin du parcours de formation ? Qu’en rapporte-t-on concrètement ? Quels reflets aux collègues ? Quel renouvellement des interventions ? Y a-t-il de quoi faire la fête ensemble ?

Voilà quelques question qu’on peut se poser à l’aube de la saison nouvelle qui se dessine avec le nouveau programme d’Améthyste pour fin 2016 et pour 2017. On y trouvera des cours inédits, avec notamment l’apport complémentaire d’un choix de thèmes tirés du catalogue de Pro Senectute : du geste au mouvement dansé – j’ai mal à mon travail – la détresse existentielle et le suicide – construire des décisions collectivement. D’autres aussi avec des intervenants nouvellement arrivés à Améthyste : le rire et les rituels, avec Marianne Grasselli Meier, la méditation « pleine conscience » avec Laurent Jouvet.

Quant à Jocelyne Huguet Manoukian, au Dr Michel Lemay, à Daniel Boisvert et à Pierre-André Pouly, nous les retrouverons avec des thèmes tout neufs, en les remerciant pour leur fidélité et leurs apports toujours exceptionnels !

À chacun donc bonne route et parcours sans encombre sur le chemin de la formation, et au plaisir peut-être de vous retrouver s’il passe par Améthyste…

Christiane Besson

Un parcours professionnel en forme de poya… Arrêt sur image et remerciements…

Éducatrice et assistante sociale, superviseure et coach, M.A. en sciences de l’éducation et en philosophie, responsable de formation, j’ai eu bien des occasions de me former, d’investir, de pratiquer et d’enseigner tant en Suisse qu’en France et en Italie : les pratiques collectives (travail social avec des groupes, intervention de réseau) ; la supervision d’équipes, de professionnels ou d’étudiants en formation ; le coaching en travail social.

J’ai partagé par ailleurs et successivement la vie en institution de jeunes en difficultés sur le plan social et affectif, puis pendant de longues années celle des personnes déficientes intellectuelles, avec parfois des troubles du comportements, des problèmes physiques et psychiques. Enfin, durant une dizaine d’années, j’ai eu le bonheur de coordonner avec une chère collègue un important service de bénévoles.

Je tiens à remercier ici ceux qui m’ont accompagnée dans cette montée sur l’alpe… Merci à Claude Julier avec lequel j’ai appris, à Genève, mon métier de formatrice tout en exerçant l’approche systémique ; merci aux professionnels et bénévoles du Service des visiteuses UCF (aujourd’hui Elles’entraide); merci aux collègues, amis et surtout résidents de la Cité du Genévrier à Saint Légier, avec leurs richesses à portée de mains ; merci aux nombreux invités d’ Améthyste grâce auxquels j’ai pu m’immerger au long des années dans des domaines si divers : le cognitivo-comportementalisme et le travail auprès des parents et des proches avec Ghislain Magerotte, une vision novatrice et éthique de l’affectivité et de la sexualité des personnes déficientes intellectuelles avec Carole Boucher, la vie des communautés en difficulté avec Jérôme Gay, l’éthique de la relation d’aide et la philosophie avec Jean-François Malherbe, Jean Bédard et André Lacroix, une approche sans cesse renouvelée des personnes déficientes intellectuelles avec Daniel Boisvert, une approche clinique percutante avec le Dr Philippe Gabbaï, une approche psychanalytique et ethnologique ancrée dans les pratiques d’accompagnement avec Jocelyne Huguet Manoukian, le coaching, l’Analyse transactionnelle et l’approche organisationnelle de Mintzberg avec Jacques Dekoninck ; merci au docteur Michel Lemay, avec lequel, année après année je suis entraînée vers un regard synthétique et un recul extraordinaire sur les différents courants de pensées relevant de notre domaine, un panorama historique sur le travail éducatif, médical et social ; merci à Lytta Basset et à son équipe qui m’ont conduite plus récemment vers le sens profond des accompagnements ; merci à Pierre-André Pouly et à Antoinette Liechti Maccarone avec qui s’ouvre l’univers Imago concrétisé par leur écoute attentive, précise et encourageante. Tous ces regards croisés enrichissent particulièrement mes réflexions autour des thèmes et situations présentés et étudiés.

Christiane Besson

Les offres de Christiane Besson

Je travaille régulièrement en supervision ou en coaching, tant avec des professionnels et des cadres de différents domaines du champ social et médico-social, qu’avec des équipes d’assistants sociaux, d’éducateurs sociaux et d’éducateurs de l’enfance.

J’ai également développé en supervision, suite à diverses demandes, ce que j’ai nommé « supervisions de collaboration », individuellement, à deux ou collectivement, lors de difficultés particulières sur le plan de la communication ou et de la collaboration. Dans ces divers cas, il peut s’agit aussi de séances de « facilitations », véritables écoles d’écoute et d’interaction.

Comme j’ai enfin eu l’occasion de le faire à la demande de quelques équipes ou institutions, je reprends volontiers sous la forme d’un exposé d’une heure environ suivi d’une discussion, l’un ou l’autre des thèmes périodiquement inscrits en tant que cours dans le programme Améthyste. C’est en particulier le cas pour les thèmes suivants :

– aïe mes émotions,

– les facettes obscures et lumineuses du coordinateur ou responsable d’équipe,

– prendre la parole,

– les pratiques de réseaux,

– passivité résistance non demande,

– vers la bientraitance et la bienveillance,

– les limites : savoir les poser,

– développer l’autodétermination,

– construire animer et mener à bien un projet,

– solidarité et entraide,

– pratiquer l’éthique de la relation d’aide.

Je mets volontiers du temps à votre disposition pour en discuter.

La réciprocité du compagnonnage : vers un devenir soi…

(suite du texte publié aux Scripts Nos 43, 44, 45 et 46, août 2014/janvier et août 2015, janvier 2016)

Un « devenir au monde »

Le cum dans l’étymologie du mot compagnon, marque un pas du je vers le nous, de l’individuel vers le sociétal. Tout travail authentique sur soi – c’est-à-dire toute rencontre de soi, de sa « voix intérieure » –, ouvre sur un devenir, celui d’un « être existant en toute conscience ». Lorsque ce travail individuel s’accomplit en compagnonnage avec l’autre, il ne favorise pas seulement l’accès à ce tréfonds du soi, mais fait aussi relais vers les autres, rend possible l’émergence d’une conscience du nous, développe une sensibilité politique.

L’apprentissage du nous, en effet, ne peut pas se passer de l’apprentissage du je. Il l’accompagne et en suit les vicissitudes. Mais quand je commence à m’intéresser à la présence réelle des hommes, à reconnaître cette présence en face de moi, à apprendre la personne qu’elle me révèle, le toi, qu’elle me propose, à ne plus voir en elle une « troisième personne », un n’importe qui, une chose vivante et étrangère, mais un autre moi-même, alors j’ai posé le premier acte de la communauté sans laquelle aucune institution n’aura de solidité.

C’est ainsi que je comprends l’idée de Paul Ricœur lorsqu’il parle d’une « vie bonne », dans des « institutions justes ». Dans les institutions sociales auprès desquelles ou dans lesquelles s’exerce mon activité, la rencontre de personnes vivant avec un handicap, avec une maladie ou des troubles psychiques, avec des difficultés sociales de toute nature, la collaboration aussi avec des collègues et l’insertion dans une organisation à quelque niveau que ce soit, tout cela m’appelle à un dépassement de moi-même, comme personne, un dépassement du cadre social dans lequel j’interviens. C’est à quoi nous invitent nombre de philosophes, et parmi eux tout particulièrement Socrate ou Ricoeur, et même Machiavel lorsqu’on le lit avec Jean-François Malherbe… Naturellement, en tant que femme, je suis particulièrement sensible aux écrits de deux philosophes engagées, deux femmes de pensée et d’action tout à la fois, actives pour des causes et dans des contextes très différents mais combien éclairants : Hannah Arendt et Martha Nussbaum.

La forme de pensée que le compagnonnage contribue à former, et je pense ici au contexte qui est le mien, celui du travail social, tout en plaçant chacun face à ses devoirs et à ses responsabilités « politiques », engage dans un type de relation avec les autres profondément marqué par les notions d’égalité, de réciprocité et de pluralité, fait croître une conscience et une responsabilité politiques ; je n’entend pas ici le terme au sens d’une « politique politicienne » ; le terme est à considérer dans le sens particulier que lui donne Hannah Arendt, pour qui la politique est fondée sur la « pluralité humaine », puisqu’elle « traite de la communauté et de la réciprocité d’êtres différents » et qui restent fondamentalement différents même s’ils doivent bénéficier des mêmes droits. C’est ce que la politique, entendue au sens habituel, a beaucoup de peine à réaliser, dans la mesure où, la plupart du temps, elle organise d’emblée des êtres absolument différents en considérant leur égalité relative et en faisant abstraction de leur diversité relative .

Dans le sens où elle est entendue ici, « la politique prend naissance dans l’espace-qui-est-entre-les-hommes », que Hannah Arendt définit comme un « espace intermédiaire », un espace où « elle se constitue comme relation ». C’est dans cet espace que l’homme trouve une véritable liberté de parole et de pensée, un lieu d’expression des désaccords et des indignations, où il peut exercer son humanité dans sa plénitude.

(à suivre)

À lire…
…parmi les dernières parutions des intervenants d’Améthyste :

Marianne GRASSELLI MEIER (Courrier du Livre, 2016) : Rituels de femmes pour s’épanouir au rythme des saisons.

Michel LEMAY (éditions érès, Toulouse, 2014 à 2016) : Forces et souffrances psychiques de l’enfant

– Tome 1 : Le développement infantile

– Tome 2 : Les aléas du développement infantile

– Tome 3 : Approches thérapeutiques : espoirs et inquiétudes

Jocelyne HUGUET MANOUKIAN et Monique PERRIER-GENAS (éditions érès, Toulouse, 2016) : Une pratique de soins précoces pour les enfants en situation de handicap.

Laurent JOUVET (La « Griffe de Vinaya », Sèvres, 2016) : Maître Eckhart, un témoin toujours actuel – Huit méditations pour mieux vivre son quotidien – Pour un temps en solitude – La quête du silence.

Quelques moments forts du programme 2016

Avec Pierre-André Pouly

En avril prochain, une session pour renouveler le climat relationnel, sous le titre Le dialogue positif : quelques outils pour améliorer la collaboration.

Avec le Dr Michel Lemay

…fidèlement présent depuis plus de vingt ans : une occasion en mai prochain de mettre à jour ses connaissances quant aux Limites et apports de la psychopathologie, ainsi qu’à l’importance des neurosciences dans le travail social et éducatif. Michel Lemay vient de publier chez Erès deux ouvrages de référence : Forces et Souffrances psychiques de l’enfant, tomes 1 et 2 ; le tome 3 sortira en mars 2016. Durant ces deux journées, nous bénéficierons de ses dernières recherches, comme toujours chez lui reliées à la pratique.

…et la professeure Lytta Basset

En mai également, une journée inédite à deux voix, celle de Lytta Basset s’ajoutant à celle du Dr Lemay, sur le thème : Accueillir et accompagner la recherche de sens chez l’enfant, quels besoins ?

Avec le Pr Daniel Boisvert

Tout début juin, deux journées consacrées aux dernières recherches et pratiques développées au Québec pour permettre aux intervenants de mieux Surmonter les impacts négatifs des troubles du comportement.

Avec Jacques Dekoninck et Christiane Besson

De juin à novembre, un enrichissement pour les responsables d’équipe, les cadres et les directeurs accordant de l’importance à la personne des collaborateurs : Etre manager-coach dans une organisation, contre sens de deux métiers opposés ? et pourtant ! (8 journées).

Avec Jocelyne Huguet Manoukian

…toujours réflexive, percutante et pratico-pratique, deux journées en juin et en novembre : ça urge ! ça urge! puis deux autres sur le thème de la souffrance psychique des aidants et des aidés.

Avec Christiane Besson

Plusieurs journées thématiques pour s’outiller au quotidien, sur des thèmes de base demandés par diverses équipes ou institutions dans différents lieux et développés à Améthyste. Une journée pour se remettre à niveau, retourner aux points théoriques essentiels, faire des liens avec les situations concrètes et revisiter les éléments éthiques en situation sous les titres suivants : Passivité, résistance, non demande – Du bon usage des limites – Les entretiens délicats – Développer l’autodétermination – Les cartes réseaux – Prendre la parole, une affaire de confiance en soi et d’excercice – Aïe mes émotions ! – Construire, animer et mener à bien un projet – Au pays des parents et des professionnels : la collaboration, un défi enthousiasmant – Accompagner tout en s’accompagnant, éviter le ras-le-bol, le surmenage professionnel – Facettes obscures et lumineuses du rôle de coordinateur ou responsable d’équipe.

ANNONCE

11 et 12 décembre 2017 | 604
Prendre la parole
lors de colloques, réunions réseaux, travail en équipe :
Une affaire de confiance en soi
de méthode et d’exercice !
avec Christiane Besson

Prochain cours

Les 3 et 4 novembre 2016 | 569
Sensibilisation à la médiation
dans le cadre de la famille
Adopter une posture de médiation
avec Anne Boutenel

Quelques possibilités de travail avec Améthyste

Pour les collaborateurs de
votre institution, dans vos locaux ou dans un lieu de votre choix, selon vos besoins spécifiques et en fonction de vos disponibilités financières, Améthyste prépare avec vous une
FORMATION CONTINUE À LA CARTE
Une autre possibilité est celle qu’Améthyste peut offrir en termes de
RENSEIGNEMENTS, ORIENTATION, SUPERVISION
ET COACHING

Pour prendre contact,
AMÉHYSTE
Christiane Besson
Impasse de la Dîme 7
1523 Granges-Marnand
chr-besson@bluewin.ch

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