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Script de janvier 2017 (No 48) – Édito

Faire équipe…

on Quichotte, Sancho Pança, un cheval et un âne : une équipe, et quelle équipe ! Quelles équipées aussi !
Un quatuor fait de contrastes, et même de contraires, où l’on peine d’abord à voir des complémentarités. Qu’ont-ils en commun, ces quatre-là, qui les prédispose à faire équipe ? Un long maigre, l’intellectuel du système, plein d’imagination, parfois illuminé ou allumé comme vous voudrez, galopant avec entrain sur une vieille rossinante transformée en cheval de bataille… Un rondouillard timoré, non dépourvu peut-être d’un peu de bon sens, constamment en souci de se remplir la panse et juché tant bien que mal sur son âne poussif… Même si le premier ne lui laisse guère voix au chapitre, il est pourtant bien présent dans la discussion ; d’ailleurs, sans lui pas de logistique !
Une équipe attachée à combattre le mal, attentive aux opprimés, à ceux qui sont dans l’adversité, au risque de s’en prendre parfois à des moulins à vent… N’est-ce pas notre sort à nous aussi, travailleurs sociaux ? Comme eux, gardons l’esprit chevaleresque sans oublier nos compagnons d’équipée, dont le cheval et l’âne des deux héros mythiques restent les figures emblématiques. N’avons-nous pas comme eux à ménager nos montures ?
Sachons créer aussi, de temps à autres, l’occasion d’une halte bienfaisante aux fontaines de la formation continue. Peut-être nous y rencontrerons-nous ?
Je vous souhaite à tous une année 2017 dynamisée par l’énergie de nos deux héros, l’humour et le regard gentiment critique de leur créateur dont l’oeuvre a traversé les siècles.
Christiane Besson

Les offres de Christiane Besson

Je travaille régulièrement en supervision ou en coaching, tant avec des professionnels et des cadres de différents domaines du champ social et médico-social, qu’avec des équipes d’assistants sociaux, d’éducateurs sociaux et d’éducateurs de l’enfance.

J’ai également développé en supervision, suite à diverses demandes, ce que j’ai nommé « supervisions de collaboration », individuellement, à deux ou collectivement, lors de difficultés particulières sur le plan de la communication ou et de la collaboration. Dans ces divers cas, il peut s’agit aussi de séances de « facilitations », véritables écoles d’écoute et d’interaction.

Comme j’ai enfin eu l’occasion de le faire à la demande de quelques équipes ou institutions, je reprends volontiers sous la forme d’un exposé d’une heure environ suivi d’une discussion, l’un ou l’autre des thèmes périodiquement inscrits en tant que cours dans le programme Améthyste. C’est en particulier le cas pour les thèmes suivants :

– aïe mes émotions,

– les facettes obscures et lumineuses du coordinateur ou responsable d’équipe,

– prendre la parole,

– les pratiques de réseaux,

– passivité résistance non demande,

– vers la bientraitance et la bienveillance,

– les limites : savoir les poser,

– développer l’autodétermination,

– construire animer et mener à bien un projet,

– solidarité et entraide,

– pratiquer l’éthique de la relation d’aide.

Je mets volontiers du temps à votre disposition pour en discuter.

Du nouveau à Améthyste :
nouveaux intervenants et nouveaux thèmes

Avec Laurent Jouvet,
il sera question de se familiariser avec la méditation pleine conscience et l’adap- ter dans la relation avec les personnes accompagnées.

Avec Marianne Grasselli Meier,
nous apprendrons tantôt à utiliser le rire dans un contexte professionnel, tantôt (dans un second cours), les rituels au quotidien, en éducation, en pédagogie ou dans le travail social.

Enfin les intervenants habituels nous arrivent en 201 7 avec des thèmes nouveaux liés aux questions soulevées actuellement en travail social.

La réciprocité du compagnonnage : vers un devenir soi…

(suite du texte publié aux Scripts Nos 43, 44, 45 et 46, août 2014/janvier et août 2015, janvier 2016)

Le sens de la communauté n’est jamais donné, ni reçu une fois pour toutes ; il se construit et se reconstruit sans cesse… dans la rencontre, le dialogue et l’accompagnement, véritable
« exercice politique », sans cesse recommencé, jamais véritablement « achevé » puisque les grandes questions restent toujours ouvertes. Car, et c’est ici Hannah Arendt qui parle :
Le monde n’est pas humain pour avoir été fait par des hommes, et il ne devient pas humain parce que la voix humaine y résonne. […] Nous humanisons ce qui se passe dans le monde en nous en parlant, et, dans ce parler, nous apprenons à être humains .
La quête de soi­même ne se confronte plus uniquement à l’autre au singulier ; à la recherche d’un approfondissement de type vertical s’ajoute une forme d’extension horizontale du champ de la conscience, qui me tourne et tourne le compagnon vers un autrui devenu multiple, celui rencontré non seulement dans une démarche d’introversion, ni même seulement dans une rencontre de personne à personne, mais qui s’ouvre sur la communauté et sur le monde.

Voir l’invisible au travers du visible

Voici une quête dans laquelle nous guide Claude Lefort. En se faisant interprète des textes de Machiavel, et à travers eux de l’homme qu’il fut et de son époque, cet auteur tente de faire de nous à notre tour des interprètes (belle réciprocité…). Il s’agit tout d’abord de nous mettre en état de questionnement – une attitude qui devient petit à petit partie intégrante de soi ; un état aussi de réceptivité et de centration, où je me laisse questionner par le texte tout en le questionnant. Je transpose : face à l’autre, au compagnon et à ce qu’il me « dit », je questionne et me laisse questionner.
Dans cette lecture, poursuit Lefort (et j’ajoute : à l’écoute du compagnon), nous aurons avantage à nous interroger sur nos a priori, nos croyances et notre origine. Autrement dit, notre lecture aboutit à une interrogation plus radicale, celle de l’identité qui, par un autre chemin, nous remet en quête de la connaissance de soi.
Lefort nous encourage ici comme lecteur (ou dans l’écoute de l’autre) à dépasser le contenu visible ou manifeste du récit, à nous interroger sur les divers niveaux de compréhension de soi et de l’autre auxquels il peut nous conduire. Il ne veut pas se contenter d’une lecture « superficielle », mais propose que nous devenions interprètes, interprètes conscients et prudents, comme on interpréterait une œuvre musicale. La fonction de l’interprète est d’ouvrir un « accès au sens », et c’est encore faire œuvre de création (je songe en écrivant ces lignes aux deux interprétations si étonnamment différentes de la même œuvre de Bach par le même interprète – Glenn Gould dans les Variations Goldberg – au début et à la fin de sa carrière de pianiste).
L’interprétation n’est jamais « objective », car la réalité est insaisissable (j’ajoute : tout au long d’un compagnonnage ou d’un accompagnement, à mesure que l’on avance dans une meilleure connaissance et reconnaissance mutuelle, le « paysage change ») ; il faut donc « renoncer à l’illusion d’un objet intelligible ». Autrement dit, « l’interprétation ne se laisse pas retrancher de l’interrogation », il n’est jamais permis de nous décharger du risque de penser.
Je reviens sur cette question d’une lecture des textes (une écoute de l’autre, de ses actes, de ses paroles) à plusieurs niveaux.
Dans son bel ouvrage sur Le symbolisme des contes de fées, Leïa indique trois niveaux de compréhension :
­- le niveau profane : la compréhension en est immédiatement accessible à chacun, elle ne
nécessite pas un interprète (par définition, le profane, au sens premier, réside au dehors du temple, nul besoin d’un médiateur pour l’approcher) ; c’est le niveau du contenu manifeste du récit ;
­- le niveau symbolique : c’est celui du contenu latent, dont la compréhension implique une interprétation, une lecture des signes, l’approche au­delà du récit de sa signification cachée ;
­- le niveau initiatique, celui où le lecteur pressent l’existence d’un monde qui dépasse toute compréhension possible, où il prend conscience d’une forme de transcendance.
À l’époque médiévale déjà, on préconisait une lecture des textes à plusieurs niveaux. J’y reviendrai dans le prochain programme…
(à suivre)
Christiane Besson

À lire…
…parmi les dernières parutions des intervenants d’Améthyste :

Marianne GRASSELLI MEIER (Courrier du Livre, 2016) : Rituels de femmes pour s’épanouir au rythme des saisons.

Michel LEMAY (éditions érès, Toulouse, 2014 à 2016) : Forces et souffrances psychiques de l’enfant

– Tome 1 : Le développement infantile

– Tome 2 : Les aléas du développement infantile

– Tome 3 : Approches thérapeutiques : espoirs et inquiétudes

Jocelyne HUGUET MANOUKIAN et Monique PERRIER-GENAS (éditions érès, Toulouse, 2016) : Une pratique de soins précoces pour les enfants en situation de handicap.

Laurent JOUVET (La « Griffe de Vinaya », Sèvres, 2016) : Maître Eckhart, un témoin toujours actuel – Huit méditations pour mieux vivre son quotidien – Pour un temps en solitude – La quête du silence.

Quelques moments forts du programme 2016

Avec Pierre-André Pouly

En avril prochain, une session pour renouveler le climat relationnel, sous le titre Le dialogue positif : quelques outils pour améliorer la collaboration.

Avec le Dr Michel Lemay

…fidèlement présent depuis plus de vingt ans : une occasion en mai prochain de mettre à jour ses connaissances quant aux Limites et apports de la psychopathologie, ainsi qu’à l’importance des neurosciences dans le travail social et éducatif. Michel Lemay vient de publier chez Erès deux ouvrages de référence : Forces et Souffrances psychiques de l’enfant, tomes 1 et 2 ; le tome 3 sortira en mars 2016. Durant ces deux journées, nous bénéficierons de ses dernières recherches, comme toujours chez lui reliées à la pratique.

…et la professeure Lytta Basset

En mai également, une journée inédite à deux voix, celle de Lytta Basset s’ajoutant à celle du Dr Lemay, sur le thème : Accueillir et accompagner la recherche de sens chez l’enfant, quels besoins ?

Avec le Pr Daniel Boisvert

Tout début juin, deux journées consacrées aux dernières recherches et pratiques développées au Québec pour permettre aux intervenants de mieux Surmonter les impacts négatifs des troubles du comportement.

Avec Jacques Dekoninck et Christiane Besson

De juin à novembre, un enrichissement pour les responsables d’équipe, les cadres et les directeurs accordant de l’importance à la personne des collaborateurs : Etre manager-coach dans une organisation, contre sens de deux métiers opposés ? et pourtant ! (8 journées).

Avec Jocelyne Huguet Manoukian

…toujours réflexive, percutante et pratico-pratique, deux journées en juin et en novembre : ça urge ! ça urge! puis deux autres sur le thème de la souffrance psychique des aidants et des aidés.

Avec Christiane Besson

Plusieurs journées thématiques pour s’outiller au quotidien, sur des thèmes de base demandés par diverses équipes ou institutions dans différents lieux et développés à Améthyste. Une journée pour se remettre à niveau, retourner aux points théoriques essentiels, faire des liens avec les situations concrètes et revisiter les éléments éthiques en situation sous les titres suivants : Passivité, résistance, non demande – Du bon usage des limites – Les entretiens délicats – Développer l’autodétermination – Les cartes réseaux – Prendre la parole, une affaire de confiance en soi et d’excercice – Aïe mes émotions ! – Construire, animer et mener à bien un projet – Au pays des parents et des professionnels : la collaboration, un défi enthousiasmant – Accompagner tout en s’accompagnant, éviter le ras-le-bol, le surmenage professionnel – Facettes obscures et lumineuses du rôle de coordinateur ou responsable d’équipe.

ANNONCE

Les 15, 16 et 17 mars, 26, 27 et 28 avril 2017 | 579
Au service du travail social, éducatif ou pédagogique :
Le coaching, posture, attitudes, moyens
avec Jacques Dekoninck

Prochain cours

27 mars 2017 | 582
Vers la bientraitance et la bienveillance
De l’éthique aux pratiques
avec Christiane Besson

Quelques possibilités de travail avec Améthyste

Pour les collaborateurs de
votre institution, dans vos locaux ou dans un lieu de votre choix, selon vos besoins spécifiques et en fonction de vos disponibilités financières, Améthyste prépare avec vous une
FORMATION CONTINUE À LA CARTE
Une autre possibilité est celle qu’Améthyste peut offrir en termes de
RENSEIGNEMENTS, ORIENTATION, TRANSITION, SUPERVISION
ET COACHING, COACHING PARENTAL, COACHING DE VIE.

Pour prendre contact,
AMÉHYSTE
Christiane Besson
Impasse de la Dîme 7
1523 Granges-Marnand
chr-besson@bluewin.ch