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Script d’août 2017 (No 49) – Édito

Le juge Ti, une source d’inspiration

Le magistrat TI Jen-Tsie a vécu dans la Chine du VIIème siècle sous la dynastie des T’ang. Comme on le sait grâce aux annales judiciaires chinoises, il fut célèbre de son temps déjà pour son extraordinaire perspicacité, administrative, judiciaire et policière, et son existence intéressa plus d’un romancier, en Chine déjà, puis par la suite aux États-Unis et en France. Le plus connu d’entre eux cependant, c’est Robert Van Gulik, diplomate et écrivain hollandais, polyglotte et sinologue averti, qui a retracé son parcours avec beaucoup de couleur et de vie. Grâce à ses connaissances fines et approfondies et ses recherches pointues au sujet de la Chine de l’époque du juge Ti, les romans et les nouvelles qu’il consacre au juge Ti (quatre gros volumes de sept à huit cents pages !) nous immergent dans une histoire et une culture passionnantes.

Revenons au juge Ti. C’est un lettré qui occupe différents postes dans la magistrature chinoise, pays alors remarquablement organisé, avec une hiérarchie relativement pesante, dont il gravit petit à petit les échelons finissant par devenir conseiller de l’impératrice WU.

Au cours de ses enquêtes, il est amené à beaucoup voyager, dans des conditions parfois scabreuses, à fréquenter toutes sortes de milieux, de la pègre misérable aux plus riches commerçants et aux personnages influents, sans oublier moines et ecclésiastiques. Je l’ai suivi à la trace et l’ai vu intègre, soucieux de rendre la justice, de rendre justice aux plus humbles, humain et attentif aux personnes soumises à sa juridiction, jusqu’aux plus défavorisées parmi elles. Il suit son chemin, ne se laissant ni intimider ni corrompre. Doué d’une extraordinaire capacité d’observation et de déduction, il ne laisse échapper aucun détail. Il sait poser des hypothèses, lire au-delà des apparences.

Détail important, il ne travaille pas seul ; au gré de ses aventures, il a constitué une équipe étonnante d’anciens hors-la-loi, personnages attachants, hauts en couleur et complémentaires. Il sait les mettre en valeur et les apprécier à leur juste valeur.

L’illustration du présent programme vous permettra de découvrir les dessins de style chinois par lesquels Van Gulik illustre ses récits (pendant toute sa vie il a étudié et pratiqué régulièrement l’art de la calligraphie). La dernière édition des œuvres complètes des aventures du juge Ti (en quatre volumes aux Éditions La Découverte, Paris, 2004-2005) comprend pour la première fois l’ensemble des dessins réalisés par l’auteur.
Cette lecture, que je vous recommande, ne nous permet pas seulement de laisser vagabonder nos pensées, mais nous incite aussi à tirer nombre de parallèles avec nos propres pratiques, nous qui avons à rencontrer des personnes de cultures différentes, à résoudre des situations complexes, à respecter et faire respecter des règles, à comprendre sans nécessairement approuver.
Bonne lecture et au plaisir d’une prochaine rencontre.

Christiane Besson

Les offres de Christiane Besson

Je travaille régulièrement en supervision ou en coaching, tant avec des professionnels et des cadres de différents domaines du champ social et médico-social, qu’avec des équipes d’assistants sociaux, d’éducateurs sociaux et d’éducateurs de l’enfance.

J’ai également développé en supervision, suite à diverses demandes, ce que j’ai nommé « supervisions de collaboration », individuellement, à deux ou collectivement, lors de difficultés particulières sur le plan de la communication ou et de la collaboration. Dans ces divers cas, il peut s’agit aussi de séances de « facilitations », véritables écoles d’écoute et d’interaction.

Suite à diverses expérience en Suisse, en France, en Italie et au Québec, où j’ai pu aborder de nombreuses problématiques professionnelles avec des groupes de participants de différentes provenance, des équipes institutionnelles et à la demande d’institutions dans le domaine social, médicosocial, éducatif, médical et psychiatrique pour des supervisions, des coachings et des médiations, j’ai pu constituer ce que je nommerai « le coffre à trésors » des intervenants. Les thèmes qui suivent peuvent être proposés aux équipes ou aux institutions qui le souhaitent, sous une forme ou selon un rythme à définir de cas en cas (conférence, ateliers, une demi- ou plusieurs journées de travail :

–  Aïe mes émotions, nos émotions, leurs émotions.

–  Les facettes obscures et lumineuses du coordinateur ou du responsable d’équipe; approche clinique et éthique.

Dans un rôle de coordinateur ou de responsable d’équipe: développer son propre style de leadership.

Les entretiens délicats.

Prendre la parole, dans les équipes ou dans les groupes : une affaire de confiance en soi.

– Trouver ma place et me positionner dans mon équipe.

– Quelques éléments de la psychologie des personnes déficientes intellectuelles.

– Quelques éléments de l’avancée en âge des personnes déficientes intellectuelles.

– Quelques éléments de l’accompagnement des équipes lors du décès d’un résident.

Les pratiques de réseaux.

Passivité résistance non demande.

Vers la bientraitance et la bienveillance.

Les limites : savoir les poser.

– Développer l’autodétermination.

– Construire animer et mener à bien un projet.

– Solidarité et entraide : comment les instaurer.

Pratiquer l’éthique de la relation d’aide.

Les fondements éthiques des entretiens.

– Intervenir dans les groupes, tenir compte de leur dynamique, de leurs spécificités.

– Quelques méthodes actives pour travailler avec les groupes ou les équipes.

Les analyses de pratique.

La communication échec du malentendu.

La réciprocité du compagnonnage : vers un devenir soi…

(suite du texte publié aux Scripts Nos 43, 44, 45, 46, 47 et 48, août 2014, janvier et août 2015,
janvier et août 2016, janvier 2017)

Une lecture à plusieurs niveaux
Ce type de lecture des textes, dont il était question dans le dernier ‘Script’, Dante, qui les reprend aux médiévaux, les mentionne dans son ‘Convivio’ : « Il faut qu’on sache que les écrits peuvent être entendus et doivent être expliqués surtout en quatre sens. » Ce sont successivement : le sens littéral, le sens allégorique, le sens moral et le sens anagogique (ou supersens).
Henri Longnon, traducteur de la ‘Divine Comédie’, affine encore la compréhension de ces quatre niveaux, dont il fait aussi une application magistrale à l’œuvre immortelle qu’il traduit :
– le sens littéral est celui qui « ne s’entend pas plus loin que la lettre proprement dite » ; l’accent est porté sur le côté événementiel du récit ;
– le sens allégorique est celui qui « se cache sous le manteau des fables » ; on cherche ici à comprendre la portée symbolique des événements ;
– le sens moral, invite le lecteur à discerner quelle est pour lui l’utilité de ce qu’il lit et ce qu’il peut en tirer pour son « identification » ;
– le quatrième sens, le sens anagogique ou supersens, est celui d’une compréhension « spirituelle » des événements, où « les choses signifiées représentent les choses de la vie éternelle ».
L’adage médiéval traduisait cette approche du point de vue de l’enseignement que le lecteur peut tirer des textes  :
– la lettre enseigne l’histoire,
– l’allégorie enseigne ce qu’il faut croire,
– le sens moral enseigne ce qu’il faut faire,
– le sens anagogique enseigne ce qu’il faut espérer (littéralement ce qui élève l’âme).
Cette quête de l’invisible au travers du visible pourrait bien être, pour le travailleur social, une forme essentielle d’approche du mystère de l’autre, jamais complètement réalisée, seulement approchée dans le respect de son altérité, la conviction aussi que toute manifestation langagière ou comportementale est riche de sens, réfractaire à tout jugement de valeur, peut-être même à toute forme de « qualification » (je pense en particulier aux « diagnostics » médicaux, éducatifs ou pédagogiques…) où l’autre est réduit à l’état d’objet : objet d’attention ou de soin, au lieu de partager une commune condition de personne à part entière, de sujet de sa propre existence, dans la conscience de son incertitude et de sa finitude . Les voies en sont multiples.

Naître à soi et à l’autre
Devenir compagnon, c’est donc tour à tour : avancer ensemble, s’assister (mutuellement), surveiller et protéger la relation (non pas surveiller ou protéger l’autre, mais s’empêcher et l’empêcher de prendre le pouvoir), se donner mutuellement des raisons de changer, s’en donner à soi-même. La mutualité et la réciprocité du processus sont ici l’essentiel.
On fait souvent allusion, dans le discours du travailleur social d’aujourd’hui, au « connais-toi toi-même » de Socrate, au « prendre soin de soi » qu’il recommande. Ce n’est pas forcément convainquant lorsqu’il s’agit simplement d’une manifestation de l’égocentrisme individualiste propre à notre époque. L’injonction socratique n’a rien à voir avec le souci de bien connaître ses aptitudes et ses compétences pour améliorer son efficacité, de gérer au mieux son bien-être, d’éviter le stress et le burn out, etc. Ce qu’il préconise renvoie chacun à la conscience de sa condition humaine, à l’essence même de son humanité et de sa raison d’être, au sens de la vie, de ce qu’on choisit ou qu’on subit, de la souffrance, d’une humble acceptation de la trivialité du quotidien. L’exercice conduit à la recherche d’une parole « vraie » débouchant sur une action « juste ».
C’est un voyage vers son être profond. « On ne peut naître que de sa propre initiative » écrit Edmond Gilliard. Une nouvelle naissance, « de sa propre initiative », symbolique… initiatique… Le travailleur social est en somme appelé à devenir l’initiateur, celui qui permet cette découverte du nouveau pour soi, en soi, celui qui aide à franchir les étapes du devenir soi. Celui qui fait confiance à l’autre comme à lui-même sur le chemin de l’autonomie, de la responsabilité, du jugement, fidèle au « devoir de penser » cher à Hannah Arendt. Et le travail n’est jamais achevé : « Ma connaissance de ma personne et sa réalisation sont toujours symboliques et inachevées. Ma personne n’est pas la conscience que j’ai d’elle ».
J’ai besoin de l’autre pour progresser sur ce chemin; et tout à la fois le rapport que j’entretiens avec moi-même est une condition du mon rapport à autrui, de la possibilité qui m’est donnée de lui permettre d’y progresser en même temps. Chaque nouvel accompagnement, chaque nouveau compagnonnage me révèle un nouvel espace de moi-même.

(à suivre)
Christiane Besson

À lire…
…parmi les dernières parutions des intervenants d’Améthyste :

Marianne GRASSELLI MEIER (Courrier du Livre, 2016) : Rituels de femmes pour s’épanouir au rythme des saisons.

Michel LEMAY (éditions érès, Toulouse, 2014 à 2016) : Forces et souffrances psychiques de l’enfant

– Tome 1 : Le développement infantile

– Tome 2 : Les aléas du développement infantile

– Tome 3 : Approches thérapeutiques : espoirs et inquiétudes

Jocelyne HUGUET MANOUKIAN et Monique PERRIER-GENAS (éditions érès, Toulouse, 2016) : Une pratique de soins précoces pour les enfants en situation de handicap.

Laurent JOUVET (La « Griffe de Vinaya », Sèvres, 2016) : Maître Eckhart, un témoin toujours actuel – Huit méditations pour mieux vivre son quotidien – Pour un temps en solitude – La quête du silence.

Quelques moments forts du programme 2017-2018

Au programme d’Améthyste, les thèmes changent pratiquement chaque année, bien que plusieurs intervenants nous restent d’une fidélité à remarquable tout en renouvelant leurs réflexions à partir de leurs écrits, de leurs recherches et de leurs pratiques. Nous aurons la chance cet automne 2017 de saisir comment introduire ou consolider l’utilisation des rituels dans le travail social avec Marianne GRASSELLI MEIER.

Laurent JOUVET nous permettra début 2018 de nous exercer au silence dans les entretiens et à la méditation avec les personnes accompagnées.

Pierre-André POULY, nous offrira des moyens pour instaurer une relation sécuritaire en créant un lien de confiance.

Avec Christiane BESSON, les responsables ou coordinateurs d’équipe pourront à la fois réfléchir à leur rôle sur le plan éthique et clinique et / ou s’occuper spécifiquement de leur propre style de leadership. Avec elle aussi, un petit groupe d’analyse de pratique verra le jour (en décembre 2017), et une journée pour se rafraîchir les idées sur ce thème, en lien avec d’autres pratiques de prise de recul (juin 2018).

La psychopathologie est actuellement parent pauvre des formations ; le Dr Michel LEMAY a heureusement consacré plusieurs de ses ouvrages à ce thème ; nous nous réjouissons de bénéficier une fois de plus de son expérience et de sa facilité à rendre clairs et concrets des concepts compliqués tout en les reliant à nos pratiques.

Nous retrouverons Daniel BOISVERT avec l’intelligence émotionnelle dans la vie des équipes.

La question récurrente : « dites-moi ce que je dois faire », celle du temps au travail, et celle des problèmes dans les accompagnements seront traitées avec Jacques DEKONINCK.

Nous serons passionnés une fois encore par Jocelyne HUGUET MANOUKIAN qui évoquera l’’agitation, les troubles du langage, de la parole et du lien puis la mémoire et le souvenir, et enfin la question de la durée des interventions.

Plusieurs cours partagés avec Pro Senectute à propos de l’accompagnement des personnes avançant en âge, avec des problèmes de handicap et ou de maladie, apparaissent dans ce fascicule, permettant de comprendre mieux la maladie d’Alzheimer, d’animer aussi des temps d’activités physiques et de danses assises.
Grâce à cette collaboration nous oserons la bienveillance avec Lytta BASSET.

ANNONCE

Prochain cours

21 et 22 novembre 2017 | 601
Construire des décisions collectivement
Observer, analyser, se situer
avec Denis Varichon

Journée de l’ARCoaching

21 novembre 2017
L’HUMOUR DANS LE COACHING

avec Jacques Dekoninck

 

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Quelques possibilités de travail avec Améthyste

Pour les collaborateurs de
votre institution, dans vos locaux ou dans un lieu de votre choix, selon vos besoins spécifiques et en fonction de vos disponibilités financières, Améthyste prépare avec vous une
FORMATION CONTINUE À LA CARTE
Une autre possibilité est celle qu’Améthyste peut offrir en termes de
RENSEIGNEMENTS, ORIENTATION, TRANSITION, SUPERVISION
ET COACHING, COACHING PARENTAL, COACHING DE VIE, ACCOMPAGNEMENT SPIRITUEL ET FACILITATION.

Pour prendre contact,
AMÉHYSTE
Christiane Besson
Impasse de la Dîme 7
1523 Granges-Marnand
chr-besson@bluewin.ch