Accueil

Accueil

Script de janvier 2016 (No 46) – Édito

Reconnaissance et tristesse

amethyste-hommage

Lire le script:

Jean-François Malherbe nous a quittés brusquement, une crise cardiaque l’a emporté dans la nuit du 13 au 14 décembre à son nouveau domicile de Peseux.

Que de magnifiques souvenirs : les Arpents du Surprenant, St Camille, Longueuil, Porsel, les Maisons des Chavannes, l’Espérance, Trento, Lucens, Granges-Marnand. Grâce à sa disponibilité et à son ouverture, nous avons pu durant quinze ans cheminer en éthique de la relation d’aide et en philosophie. Avec une équipe de l’Université de Sherbrooke, le diplôme puis la maîtrise ont succédé au micro-programme ; une centaine de participants ont eu la chance de bénéficier dans ce cadre de son immense savoir, de sa proximité de nos terrains, de sa perspicacité, de son humour, de sa convivialité, de sa créativité, de son extraordinaire esprit de synthèse, de sa manière de rendre accessible ce qui d’abord nous paraissait si difficile. Par la suite, il s’est établi en Suisse romande tout en enseignant à l’Université de Trento. Dans différentes institutions aussi bien qu’à la police de Lausanne, des comités d’éthique ont vu le jour et avancé avec lui vers la sagacité, l’autonomie réciproque, le devenir soi comme acteur et surtout auteur de sa vie.

Revenant récemment à nos débuts avec Jean-François, nous avons pu parcourir vingt ans de collaboration régulière, et d’amitié profonde. Des projets, nous en avions avec lui, il nous reste à « partir à notre recherche », à continuer sans lui en ne nous mesurant plus qu’à nous-mêmes. Il nous reste de lui un magnifique héritage, de nombreux ouvrages, articles et contributions ; nous conservons précieusement les leçons de ses « dissidents à ne pas confondre avec les séditieux », et veillerons à continuer notre contribution à la diffusion de sa pensée et de ses écrits.

Je vous souhaite, pour 2016, un parcours riche en projets, en découvertes et en approfondissements.

Christiane Besson

Quelques moments forts du programme 2016

Avec Pierre-André Pouly

En avril prochain, une session pour renouveler le climat relationnel, sous le titre Le dialogue positif : quelques outils pour améliorer la collaboration.

Avec le Dr Michel Lemay

…fidèlement présent depuis plus de vingt ans : une occasion en mai prochain de mettre à jour ses connaissances quant aux Limites et apports de la psychopathologie, ainsi qu’à l’importance des neurosciences dans le travail social et éducatif. Michel Lemay vient de publier chez Erès deux ouvrages de référence : Forces et Souffrances psychiques de l’enfant, tomes 1 et 2 ; le tome 3 sortira en mars 2016. Durant ces deux journées, nous bénéficierons de ses dernières recherches, comme toujours chez lui reliées à la pratique.

…et la professeure Lytta Basset

En mai également, une journée inédite à deux voix, celle de Lytta Basset s’ajoutant à celle du Dr Lemay, sur le thème : Accueillir et accompagner la recherche de sens chez l’enfant, quels besoins ?

Avec le Pr Daniel Boisvert

Tout début juin, deux journées consacrées aux dernières recherches et pratiques développées au Québec pour permettre aux intervenants de mieux Surmonter les impacts négatifs des troubles du comportement.

Avec Jacques Dekoninck et Christiane Besson

De juin à novembre, un enrichissement pour les responsables d’équipe, les cadres et les directeurs accordant de l’importance à la personne des collaborateurs : Etre manager-coach dans une organisation, contre sens de deux métiers opposés ? et pourtant ! (8 journées).

Avec Jocelyne Huguet Manoukian

…toujours réflexive, percutante et pratico-pratique, deux journées en juin et en novembre : ça urge ! ça urge! puis deux autres sur le thème de la souffrance psychique des aidants et des aidés.

Avec Christiane Besson

Plusieurs journées thématiques pour s’outiller au quotidien, sur des thèmes de base demandés par diverses équipes ou institutions dans différents lieux et développés à Améthyste. Une journée pour se remettre à niveau, retourner aux points théoriques essentiels, faire des liens avec les situations concrètes et revisiter les éléments éthiques en situation sous les titres suivants : Passivité, résistance, non demande – Du bon usage des limites – Les entretiens délicats – Développer l’autodétermination – Les cartes réseaux – Prendre la parole, une affaire de confiance en soi et d’excercice – Aïe mes émotions ! – Construire, animer et mener à bien un projet – Au pays des parents et des professionnels : la collaboration, un défi enthousiasmant – Accompagner tout en s’accompagnant, éviter le ras-le-bol, le surmenage professionnel – Facettes obscures et lumineuses du rôle de coordinateur ou responsable d’équipe.

La réciprocité du compagnonnage : vers un devenir soi…

(suite du texte publié aux Scripts Nos 43, 44 et 45, août 2014/janvier et août 2015)

 

Réciprocité dans la pensée, tout d’abord, dans l’action ensuite.

Dans le compagnonnage, l’essentiel du projet n’est plus centré seulement sur une compréhension unilatérale incombant au professionnel dans le cadre d’une relation asymétrique, mais sur le partage de tout ce qu’on peut avoir en commun, à commencer par le projet d’accompagnement dans sa spécificité, dans l’ici et maintenant de nos idées, de nos sentiments, de nos capacités, etc. La réciprocité a pour fondement la réalité du mystère de l’autre, mystère dont la clé ne nous appartient pas ; elle implique le respect mutuel de cet autre qui est là, et cela seul compte : reconnaître cette existence.

Plus délicate est la question de la réciprocité dans l’action, où une certaine asymétrie est au départ inévitable. La condition même de toute action implique nécessairement qu’elle se déroule dans un cadre physique et temporel (des locaux, une organisation, un contrat), affectif (une présence) et spirituel (un savoir, une espérance, un sens) qu’il faut bien lui donner d’abord, en fonction des spécificités de l’accompagnement ; mais c’est là qu’il faut être attentif et que les choses peuvent devenir difficiles, parce qu’il y a toujours le danger que le contenant écrase le contenu, que le rigide fige le vivant. L’exigence de la réciprocité, c’est non seulement qu’on veille à ce qu’il soit et reste, ce cadre, aussi discret que possible, tout en restant suffisamment précis pourtant pour éviter l’instabilité, l’insécurité, la dispersion ; mais c’est aussi qu’il puisse évoluer, dans l’avancement même de l’action menée en commun, à l’initiative de chacun des coopérants.

La pensée et l’action

C’est ici que se pose la question du lien entre la pensée et l’action. « Toute œuvre de la main repose dans la pensée », dit Heidegger, qui écrit encore :

Seul un être qui parle, c’est-à-dire pense, peut avoir une main et accomplir dans un maniement le travail de la main. Mais l’œuvre de la main est plus riche que nous ne le pensons habituellement. La main ne fait pas que saisir et attraper, ne fait pas que serrer et pousser. La main offre et reçoit, et non seulement des choses, car elle-même elle s’offre et se reçoit dans l’autre. La main garde, la main porte.

Ce texte magnifique rejoint les réflexions du Neuchâtelois Denis de Rougemont, dans son beau livre Penser avec les mains, auquel Jean Bédard aime à se référer, notamment lorsqu’il parle de ce qu’il appelle la « spiritualité de l’incarnation ». J’y vois aussi une sorte de réhabilitation du quotidien, dans un temps où les travailleurs sociaux tendent à s’en écarter comme s’il était de bon ton de déléguer les tâches jugées ingrates ; une réhabilitation des « basses besognes », une invitation aussi à nous donner la main dans les moments les plus simples, les plus banaux, à se donner « des coups de main », dans la solidarité du vrai compagnonnage.

Christiane Besson

(à suivre)

 

 

« Si nous mesurons l’étendue de nos connaissances, non par ce que nous savons mais par ce que nous ne savons pas, nous ne sommes que des imbéciles ignares… »

Robert Van Gulik, Le Juge Ti à l’œuvre, p. 181.

ANNONCE

Les 12 et 13 décembre 2016 | 575
Prendre la parole
lors de colloques, réunions réseaux, travail en équipe :
Une affaire de confiance en soi
de méthode et d’exercice !
avec Christiane Besson

Prochain cours

Les 15 et 29 septembre 2016 | 568
Pour structurer et présenter aisément des idées
Pour optimiser réunions et entretiens

L’écriture paysage
Prendre des notes de manière visuelle
avec François Barras

Théâtre Rikiko

rikita_05_300dpi_Por_HD

Quelques possibilités de travail avec Améthyste

Pour les collaborateurs de
votre institution, dans vos locaux ou dans un lieu de votre choix, selon vos besoins spécifiques et en fonction de vos disponibilités financières, Améthyste prépare avec vous une
FORMATION CONTINUE À LA CARTE
Une autre possibilité est celle qu’Améthyste peut offrir en termes de
RENSEIGNEMENTS, ORIENTATION, SUPERVISION
ET COACHING

Pour prendre contact,
AMÉHYSTE
Christiane Besson
Impasse de la Dîme 7
1523 Granges-Marnand
chr-besson@bluewin.ch

script-janvier-2016-amethyste